Le DUERP — document unique d’évaluation des risques professionnels — est souvent perçu comme une corvée administrative. C’est une erreur de lecture. Pour le risque électrique, il s’agit du document qui détermine qui doit être formé et habilité dans l’entreprise. Un DUERP bien fait répond, noir sur blanc, à la question « mes salariés doivent-ils être habilités ? ». Voici ce que l’employeur doit y évaluer, comment le formaliser, et ce qu’il risque s’il le néglige.
Qu’est-ce que le DUERP et qui doit l’établir ?
Le DUERP est l’outil dans lequel l’employeur transcrit le résultat de l’évaluation des risques auxquels sont exposés ses salariés. Il est obligatoire dès le premier salarié, sans seuil d’effectif.
Son fondement est double dans le Code du travail :
- l’article L.4121-3 impose à l’employeur d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs ;
- l’article R.4121-1 impose de transcrire et mettre à jour ce résultat dans un document unique.
Le DUERP recense l’ensemble des risques professionnels — chimique, mécanique, chute, bruit… — et le risque électrique en fait partie dès qu’il est présent. Il assure aussi la traçabilité collective des expositions.
Le risque électrique dans le DUERP : que doit-on y inscrire ?
Pour le risque électrique, l’employeur doit décrire les situations réelles d’exposition dans son entreprise. Selon les métiers, cela couvre :
- le voisinage d’installations sous tension (tableaux, armoires, coffrets) pour les non-électriciens (peintres, soliers, agents de maintenance…) ;
- les interventions et travaux d’ordre électrique pour les électriciens ;
- la proximité de lignes aériennes ou de réseaux enterrés sur les chantiers ;
- les équipements et installations propres à l’entreprise (atelier, machines, installations provisoires).
Chaque situation doit être nommée précisément : un DUERP qui se contente d’écrire « risque électrique : oui » sans détailler les unités de travail concernées est considéré comme incomplet.
Comment évaluer le risque électrique ?
L’évaluation croise généralement deux paramètres : la gravité potentielle (l’électricité peut tuer) et la probabilité d’exposition (fréquence, durée, conditions). Le risque électrique se distingue par une gravité presque toujours élevée — d’où l’importance de ne jamais le minorer.
À partir de cette évaluation, l’employeur définit un plan d’actions hiérarchisé selon les principes généraux de prévention : supprimer le risque quand c’est possible, sinon le réduire par des protections collectives (consignation, balisage), puis individuelles (EPI), et former les personnes exposées. Notre article sur les obligations de l’employeur détaille ce cadre général.
Habilitation et DUERP : le lien direct
C’est le point décisif. L’évaluation du risque électrique dans le DUERP conditionne la démarche d’habilitation. Dès que le document identifie des salariés exposés, les articles R.4544-9 et R.4544-10 du Code du travail imposent à l’employeur de les former et de les habiliter au niveau adapté (B0, BS, B1-B2, BR, BC…).
Autrement dit, le DUERP et le registre des habilitations doivent être cohérents. Un inspecteur du travail qui constate, dans le DUERP, des interventions au voisinage d’installations sans habilitation correspondante relève immédiatement une non-conformité. À l’inverse, un DUERP bien construit sert de feuille de route de formation : il dit qui former et à quel niveau.
Conservation, mise à jour, dépôt dématérialisé
Le DUERP est un document vivant. Il doit être mis à jour :
- au moins une fois par an dans les entreprises d’au moins 11 salariés ;
- lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de travail ;
- quand une information nouvelle sur un risque apparaît.
La loi du 2 août 2021 (réforme de la santé au travail) a renforcé ses exigences : le DUERP et ses versions successives doivent être conservés 40 ans, et déposés sur un portail numérique dédié, selon un calendrier échelonné par taille d’entreprise (article L.4121-3-1). Ce portail n’ayant pas été mis en service à ce jour, le dépôt n’est pas encore praticable : la conservation, elle, s’impose dès maintenant. Cette traçabilité longue vise à pouvoir reconstituer les expositions d’un salarié sur toute sa carrière.
Que risque l’employeur en cas de DUERP absent ou incomplet ?
Deux niveaux de risque. D’abord une sanction : l’absence de DUERP ou son défaut de mise à jour constitue une contravention de 5ᵉ classe, jusqu’à 1 500 € (7 500 € pour une société), doublée en cas de récidive (article R.4741-1 du Code du travail). Depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales (article 48), l’absence de document unique ouvre aussi une voie administrative : à défaut de poursuites pénales, l’administration peut, sur rapport de l’inspection du travail, adresser un avertissement ou prononcer une amende de 4 000 € au plus par travailleur concerné, doublée en cas de nouveau manquement dans les deux ans (articles L.8115-1, 6°, et L.8115-3). Ensuite, et surtout, en cas d’accident électrique, un DUERP absent ou muet sur le risque électrique aggrave la responsabilité de l’employeur. Il facilite la reconnaissance d’une faute inexcusable, qui ouvre droit à une indemnisation majorée de la victime et expose l’entreprise à des conséquences financières lourdes.
À l’inverse, un DUERP rigoureux, assorti des formations et habilitations correspondantes, constitue la meilleure preuve que l’employeur a satisfait à son obligation de sécurité.
Comment Abricot Formation aide les employeurs à Colombes
À Colombes (92), depuis 2000, Abricot Formation aide les entreprises à transformer leur évaluation du risque électrique en plan de formation concret. Centre certifié Qualiopi au titre de la catégorie d’action : actions de formation, nous formons les salariés exposés identifiés dans le DUERP, que l’employeur habilite ensuite, du B0-H0V non-électricien à l’électricien B1-B2-BR-BC.
Nos sessions ont lieu en présentiel à Colombes (à 1 minute de la gare de Colombes, Transilien J) ou en intra-entreprise dès 5 stagiaires. L’attestation est remise dès la fin de la formation ; la NF C 18-510 recommande un recyclage tous les 3 ans, l’employeur fixe l’échéance. Notre équipe répond en 1 heure ouvrée avec un devis personnalisé et le dossier de financement OPCO inclus. Demandez votre devis pour mettre vos habilitations en cohérence avec votre document unique.
« Quand un employeur nous dit « je ne sais pas si mes gars doivent être habilités », je lui réponds : « regardez votre DUERP ». S'il a bien évalué le risque électrique, la réponse y est déjà. Le document unique, c'est la carte qui dit qui former. »
Chez Abricot, à Colombes, on aide les entreprises à faire le lien entre leur évaluation des risques et leurs besoins de formation. Un DUERP qui mentionne des interventions au voisinage d'installations sans habilitation correspondante, c'est une non-conformité qui saute aux yeux d'un inspecteur. — Formateur Abricot.
Questions fréquentes
Les questions que l'on nous pose le plus souvent sur ce sujet. Si la vôtre ne figure pas dans la liste, notre équipe y répond personnellement via le formulaire de devis, sous une heure ouvrée.
Le DUERP est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Oui, dès le premier salarié. L'article R.4121-1 du Code du travail impose à l'employeur de transcrire dans un document unique le résultat de l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, prévue à l'article L.4121-3. L'absence de DUERP est une infraction sanctionnée.
Faut-il mentionner le risque électrique dans le DUERP ?
Oui, dès qu'il existe. L'employeur doit identifier les situations d'exposition (voisinage d'installations sous tension, interventions, proximité de lignes), les évaluer (gravité, fréquence) et en déduire des mesures de prévention. Le risque électrique est l'un des risques majeurs à ne pas omettre, sous peine de DUERP incomplet.
Quel est le lien entre le DUERP et l'habilitation électrique ?
Direct. L'évaluation du risque électrique dans le DUERP détermine qui doit être formé et habilité. Si le document identifie des salariés exposés au risque électrique, les articles R.4544-9 et R.4544-10 imposent à l'employeur de les former et de les habiliter. Le DUERP est donc la pièce qui justifie — ou révèle l'absence de — la démarche d'habilitation.
Combien de temps doit-on conserver le DUERP ?
La loi du 2 août 2021 impose de conserver le DUERP et ses versions successives pendant 40 ans à compter de leur établissement, afin d'assurer la traçabilité des expositions. Elle prévoit aussi un dépôt dématérialisé sur un portail numérique (article L.4121-3-1), échelonné selon la taille de l'entreprise ; ce portail n'a toutefois pas été mis en service à ce jour.
Que risque un employeur sans DUERP ou avec un DUERP incomplet ?
Une sanction pénale pour l'absence ou le défaut de mise à jour du document unique : contravention de 5ᵉ classe, jusqu'à 1 500 € (7 500 € pour une société), doublée en cas de récidive (article R.4741-1 du Code du travail). Depuis la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, l'absence de DUERP peut aussi, à défaut de poursuites pénales, donner lieu à un avertissement ou à une amende administrative prononcée sur rapport de l'inspection du travail : jusqu'à 4 000 € par travailleur concerné, montant doublé en cas de nouveau manquement dans les deux ans (articles L.8115-1 et L.8115-3 du Code du travail). Surtout, en cas d'accident électrique, un DUERP absent ou silencieux sur le risque électrique aggrave la responsabilité de l'employeur et facilite la reconnaissance d'une faute inexcusable, lourde de conséquences indemnitaires.