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Consignation électrique : les 5 étapes obligatoires

La consignation électrique en 5 étapes est la procédure obligatoire pour travailler hors tension. Séparation, condamnation, identification, VAT, mise à la terre. Norme NF C 18-510.

Tableau électrique câblé avec contacteurs et disjoncteurs — consignation des 5 étapes NF C 18-510

La consignation électrique est l’opération obligatoire pour mettre hors tension une installation avant d’y travailler. C’est la procédure de sécurité la plus importante de l’électrotechnique. Définie par la norme NF C 18-510 (version consolidée 2023) d’application recommandée par l’arrêté du 5 juillet 2024 (présomption de conformité), elle se déroule en 5 étapes obligatoires. Chacune a une fonction précise. Sauter une seule étape, c’est s’exposer à un accident grave. Voici la procédure complète, validée par notre pratique de 25 ans à Colombes.

Pourquoi consigner ?

La consignation a un seul objectif : garantir l’absence durable de tension sur l’installation pendant toute la durée des travaux. « Durable » est le mot-clé : il ne suffit pas de couper, il faut empêcher qu’on remette le courant pendant qu’on travaille, qu’on confonde avec une autre installation, ou qu’une tension parasite ne réapparaisse.

Les statistiques de l’INRS (brochure ED 6127) sont éloquentes : la majorité des accidents électriques graves ont lieu lors d’interventions sur installations supposées hors tension. La cause : consignation incomplète, mauvaise identification, VAT non effectuée, retour de tension non anticipé.

C’est pour cela que la NF C 18-510 a normalisé une procédure stricte en 5 étapes, dans un ordre précis, à exécuter sans exception.

Étape 1 — La séparation

La séparation consiste à couper toutes les sources d’alimentation possibles de l’installation. C’est l’action mécanique qui interrompt physiquement la conduction électrique.

Comment séparer ?

Selon le type d’installation :

  • Disjoncteur ou interrupteur sectionneur : action sur la poignée pour le placer en position « OUVERT ». Le sectionneur doit présenter une séparation visible ou une indication mécanique fiable de position.
  • Fusibles à coupure visible : extraction physique des cartouches fusibles.
  • Pour la HT : ouverture d’un sectionneur de ligne ou d’un disjoncteur HT avec coupure visible.

Vérifier la séparation effective

L’opérateur doit voir la séparation : indicateur mécanique, vision directe des contacts ouverts (sectionneurs à coupure visible), ou indicateur déporté fiable. Une simple coupure d’un bouton-poussoir n’est pas une séparation au sens de la NF C 18-510 (commande à distance qui peut être inversée).

Toutes les sources

Attention aux multiples sources d’alimentation :

  • Alimentation principale du réseau
  • Onduleur (ASI) qui peut continuer à alimenter en cas de coupure principale
  • Groupe électrogène de secours
  • Sources renouvelables (photovoltaïque, éolienne) qui injectent localement
  • Cellules photovoltaïques sur toiture (toujours sous tension le jour)

Toutes ces sources doivent être séparées, sans exception.

Étape 2 — La condamnation

La condamnation empêche physiquement la remise en marche accidentelle ou malveillante de l’organe de séparation. C’est l’étape qui distingue une simple « ouverture » d’une vraie consignation.

Comment condamner ?

  • Cadenas de condamnation : c’est la méthode standard. Cadenas personnel apposé sur la poignée ou le verrou du sectionneur en position ouverte. Chaque intervenant pose son propre cadenas (multi-cadenas si plusieurs personnes).
  • Pancarte de signalisation : « NE PAS MANŒUVRER — INSTALLATION CONSIGNÉE » avec date, nom de l’opérateur, ouvrage concerné.
  • Verrouillage mécanique sur les sectionneurs HT, avec retrait de la clé du dispositif.

La clé du cadenas reste exclusivement dans la poche de l’opérateur qui a consigné. Personne d’autre ne peut déverrouiller.

Le principe « une personne, un cadenas »

Si plusieurs équipes travaillent sur la même installation, chacune pose son cadenas sur un dispositif multi-cadenas (boîtier qui accepte plusieurs cadenas simultanés). La dernière équipe qui termine retire son cadenas et déconsigne.

Étape 3 — L’identification de l’installation

L’identification garantit qu’on travaille sur la bonne installation, pas sur une voisine ressemblante. C’est l’étape qui prévient les erreurs de tableau, de cellule, de départ.

Comment identifier ?

L’opérateur vérifie par les documents :

  • Schéma unifilaire de l’installation
  • Plan d’implantation
  • Repérage des câbles et boîtes de raccordement
  • Tag d’identification du départ ou de la cellule
  • Conformité entre le départ consigné et celui prévu pour les travaux

Pour une installation complexe (tableau divisionnaire, poste de distribution), le risque de confusion entre deux départs voisins est réel. L’identification doit être formelle, documentée, croisée avec au moins une autre vérification.

Étape 4 — La VAT (Vérification d’Absence de Tension)

La VAT est l’étape qui prouve que la séparation a été efficace et qu’il n’existe pas de tension résiduelle ou parasite sur l’installation. Voir notre article détaillé sur la VAT.

Procédure VAT en 3 temps

  1. Vérifier le bon fonctionnement du VAT sur une source de tension connue (le « test sur source » avant et après la mesure)
  2. Mesurer chaque conducteur : phase contre phase, phase contre neutre, phase contre terre — toutes les combinaisons
  3. Vérifier à nouveau le bon fonctionnement du VAT après la mesure (le « test final »)

Si la procédure « test → mesure → test » est respectée, on a la certitude que le VAT fonctionnait pendant la mesure.

Type d’appareil

Le VAT (Vérificateur d’Absence de Tension) doit être conforme à la norme NF EN 61243 et adapté à la tension de l’installation. Pour la BT, un VAT de type « VAT-MALT » à signal lumineux et sonore est standard. Pour la HT, des VAT haute tension spécifiques sont obligatoires.

Étape 5 — Mise à la terre et en court-circuit

La mise à la terre et en court-circuit (MALT/CC) est une protection ultime contre les retours de tension imprévus pendant les travaux.

Pourquoi mettre à la terre ?

Plusieurs scénarios de retour de tension :

  • Erreur humaine : quelqu’un retire le cadenas et remet sous tension (rare mais documenté)
  • Tension induite : un câble parallèle sous tension induit une tension par effet capacitif ou inductif
  • Décharge de condensateurs : les filtres antiparasites peuvent rester chargés après séparation
  • Source secondaire imprévue : une boucle, une cellule photovoltaïque non identifiée, un onduleur qui se réinjecte

Si l’installation est mise à la terre, toute tension qui réapparaît est immédiatement court-circuitée vers la terre, ce qui fait disjoncter la protection amont. L’opérateur reste protégé.

Quand est-elle obligatoire ?

  • HT : systématiquement, par perches de mise à la terre adaptées à la tension
  • BT : recommandée pour les installations de forte puissance, installations comportant onduleurs/variateurs, installations avec longs câbles, installations où une seconde source pourrait exister

En BT résidentiel ou tertiaire courant, la mise à la terre est rarement effectuée — c’est l’étape la plus négligée, parfois à tort.

Qui peut consigner ?

La consignation peut être réalisée par différents titulaires selon la complexité :

BC — Chargé de consignation BT

Le BC consigne pour le compte d’autrui. C’est lui qui transmet le « certificat de consignation » ou l’« attestation de première étape de consignation » au chargé de travaux. Pour les installations BT industrielles ou complexes, le BC est la référence.

HC — Chargé de consignation HT

Équivalent du BC, mais pour la haute tension. Habilitation distincte et formation spécifique (3 jours minimum).

BR — Chargé d’intervention BT

Le BR peut consigner pour son propre compte, dans le cadre d’une intervention de dépannage BT. Il ne peut pas consigner pour autrui.

BS — Chargé d’intervention BT élémentaire

Le BS peut effectuer une consignation pour son propre compte limitée à des opérations BT élémentaires (remplacement d’éléments simples, opérations clairement définies par la NF C 18-510 version consolidée 2023).

La déconsignation : la procédure inverse

Une fois les travaux terminés, la déconsignation suit la procédure inverse, dans l’ordre strict opposé :

  1. Retrait des MALT/CC
  2. Retrait des balisages et signalisations
  3. Retrait du cadenas de condamnation
  4. Remise sous tension (refermeture de l’organe de séparation)
  5. Vérification du bon fonctionnement de l’installation

Avant chaque étape, le chargé de consignation vérifie qu’aucun intervenant n’est resté en zone de travail. C’est la responsabilité du BC ou HC qui a délivré le certificat de consignation.

Le rôle critique du certificat de consignation

Quand le BC consigne pour autrui, il rédige et signe un certificat de consignation (CC) ou une attestation de première étape de consignation (APE selon le contexte). Ce document :

  • Identifie l’installation consignée
  • Liste les étapes effectuées
  • Identifie le chargé de travaux à qui la consignation est remise
  • Sert de preuve juridique en cas d’accident

C’est un document légal au sens du droit du travail. Sa rigueur de rédaction est essentielle.

Comment Abricot Formation enseigne la consignation à Colombes

À Colombes (92), à 1 minute du RER J/L, depuis 2000, nous formons aux 5 étapes de la consignation dans toutes nos formations BR/BC :

  • Formation B1-B2-BR-BC : 16 h sur 2 jours, avec demi-journée dédiée à la consignation pratique
  • Formation BC seule : pour les profils qui ont déjà le BR et veulent ajouter la responsabilité de chargé de consignation
  • Formation HC pour la haute tension : 24h sur 3 jours, avec consignation HT incluant la mise à la terre
  • Plateforme pédagogique : tableaux divisionnaires, cellules HT, sectionneurs, cadenas, VAT — tout le matériel pour pratiquer

Notre engagement : devis personnalisé sous 1 heure ouvrée, montage du dossier OPCO inclus, attestation remise le jour même. 4,9 ★ sur plus de 1 250 avis Google, 25 ans d’expérience.

Vu dans notre centre

« La consignation, c'est le geste qui sauve. Chaque étape a sa raison d'être — sauter une seule, et la sécurité s'effondre. C'est notre obsession en formation : faire des 5 étapes un réflexe automatique. »

Chez Abricot, à Colombes, la consignation occupe une demi-journée de mise en pratique dans nos formations B1-B2-BR-BC. Chaque stagiaire consigne et déconsigne plusieurs installations sur notre plateforme pédagogique, jusqu'à ce que l'enchaînement devienne automatique. — Karim, formateur référent.

Tableau électrique câblé avec contacteurs et disjoncteurs — consignation des 5 étapes NF C 18-510

Questions fréquentes — financement de l'habilitation en 2026

Voici les questions que nos prospects nous posent le plus souvent sur le financement de l'habilitation électrique depuis le retrait du CPF. Notre équipe répond personnellement à toute autre question via le formulaire de devis (réponse en une heure ouvrée).

Qui peut consigner ?

Seul un titulaire de l'habilitation **BC** (chargé de consignation BT) ou **HC** (chargé de consignation HT) peut consigner pour le compte d'un autre intervenant. Un titulaire **BR** peut consigner pour son propre compte. Un BS peut effectuer une consignation pour son propre compte limitée à des opérations BT élémentaires (norme NF C 18-510 version consolidée 2023).

Pourquoi 5 étapes et pas 4 ou 6 ?

C'est la norme **NF C 18-510 version consolidée 2023** qui le définit, d'application **recommandée** par l'arrêté du 5 juillet 2024 (présomption de conformité) (cf. [Légifrance](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049892203)). Chaque étape a une fonction de sécurité : séparation (couper), condamnation (empêcher le rebranchement), identification (être sûr de la bonne installation), VAT (confirmer l'absence de tension), mise à la terre (sécuriser contre une remise sous tension accidentelle ou une tension induite).

La mise à la terre est-elle toujours obligatoire ?

**Obligatoire en HT**, systématiquement. **Recommandée en BT** pour les installations de forte puissance ou comportant des capacités importantes (tableaux généraux, longueurs de câbles importantes, présence d'onduleurs ou de variateurs).

Que faire si le VAT révèle une tension résiduelle ?

**Arrêter immédiatement la consignation**. Identifier l'origine de la tension : retour par une seconde source non identifiée (onduleur, GE de secours), boucle de masse, condensateur non déchargé. Reprendre la procédure depuis l'étape 1 après avoir résolu le problème. Ne **jamais** poursuivre les travaux.

Combien de temps prend une consignation ?

Pour une installation BT standard : **5 à 10 minutes**. Pour une installation HT avec mise à la terre : **15 à 30 minutes**. La déconsignation suit la procédure inverse, dans l'ordre strict opposé.

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